12 septembre 2001

Un événement a servi de catalyseur aux idées que je développe sur ce blog. En voici la trace : une note que j’ai envoyée à mes correspondants… le lendemain du « 11 septembre »…

Ma réflexion ne fait que commencer

Mon envoi de l’autre jour semble frivole par rapport à l’actualité : l’action des hommes-suicide, hier, à New York et Washington.
Je n’écris pas « crimes », je n’écris pas « lâcheté » car l’arrogance, l’absence de compassion, l’absence de solidarité ont inspiré ces « crimes », comme tous ceux qui les ont précédés, du Nord contre le Sud, des riches contre les pauvres, des uns contre les autres.« Crimes » ou « sacrifices humains » ?
La deuxième expression est plus juste qui prend ensemble tous les initiateurs et toutes les victimes.
J’y vois l’occasion de me redire mes croyances (le mépris tue, toute puissance de développement porte une puissance de destruction équivalente, la paix est à FAIRE par moi et chacun de nous en soi et avec autrui, etc.) et une incitation à en tirer toutes les conséquences.
La crise va être militaire (les USA seront incapables de ne pas se venger), politique et économique. L’intensité et la durée de la crise devraient être équivalentes ou supérieures à celles de la Guerre du Golfe.
À cette échelle, l’évènement est symbolique. Il ne dévoile pas la vulnérabilité du territoire américain. Elle était évidente et ce serait rester mentalement prisonnier de la logique attaque-défense. Celle-ci, à terme, comme après 14-18, ne peut produire qu’un bouclier contournable (cf. la ligne Maginot) et le chaos mondial (cf. la 2° guerre mondiale).
Pour les pays du Sud, la chute, hier, des tours, symbolise la chute en cours de l’Empire Américain.
Ses « alliés » (dont la France), une fois passé le temps de la solidarité émotionnelle instantanée, se trouveront devant un choix : militer pour une apartheid planétaire ou pour la paix.
Mais la paix ne se fait pas entre pays sans se faire à l’intérieur de chacun d’eux et en chacun. Hélas, l’apartheid planétaire est plus probable que la paix. En effet, pour assurer son salut, une cité ne doit pas compter ses armes mais ses « justes » : au stade de complexité où nous sommes, personne ne peut négocier avec les terroristes, ni même avec les peuples en colère ; tout le monde négocie directement avec « Dieu ».
Ce n’est pas par hasard qu’Augustin rêvait de faire la Cité de Dieu alors que lui parvenaient les nouvelles de la chute de l’Empire romain.
J’aimerais compter parmi les « justes »…

Reprise d’un article publié le 7 août 2012

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Auteur : Pierre Nicolas

Polygraphe (essai de philosophie politique, romans historiques, blog) après avoir été psychothérapeute, consultant, dirigeant.

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