Les USA ont tout ce qu’il faut pour prévaloir mais, relativement, ils pèsent moins

Les dépenses d’armement des USA impressionnent mais, par rapport au reste du monde, elles baissent (80% en 1949, 65% en 1959, 62% en 1969, 38% en 1979, 35% en 1989, 39% en 1999, avec un pic à 44% en 2002-2006, et 36% en 2017) alors que, depuis 30 ans, leur part dans la production (ou la captation) de richesses stationne aux alentours de 25%

Continuer la lecture de « Les USA ont tout ce qu’il faut pour prévaloir mais, relativement, ils pèsent moins »

Les Amis de la Paix 5 – Le libre-échange

Le Congrès des Amis de la Paix Universelle qui se tint à Paris en 1849 fit naturellement la part belle à l’idée de libre-échange. Ne contribuait-elle pas directement à l’amitié entre les peuples ? surtout quand cela se fait avec l’Angleterre, nation commerçante s’il en est.
Richard Cobden (1804-1865), industriel et homme d’État britannique, en est cette année-là le héraut, avec Fédéric Bastiat (1801-1850) qui passe alors pour l’un de ses émules.
Il est vrai que l’admirable Cobden venait d’obtenir l’abolition des Corn Laws protectionnistes et qu’il oeuvrait au rapprochement avec la France. L’Angleterre était aussi industrieuse que la France agricole. Ces deux nations étaient donc complémentaires, ce qu’on voyait d’autant mieux que, dans les deux pays, la bourgeoisie d’affaires supplantait peu à peu l’aristocratie terrienne.
L’anglophile Louis-Napoléon Bonaparte comprenait cela, d’où la signature en 1860 du traité de commerce franco-britannique de libre-échange sur les matières premières et les principaux produits alimentaires, dont Cobden avait été si longtemps l’artisan.

Ne nous trompons pas cependant sur la principale motivation de « Napoléon le Petit« . Continuer la lecture de « Les Amis de la Paix 5 – Le libre-échange »

Jamais un scandale n’abolit l’esclavage (Rome 326 av. J.-C.)

Mohamed Bouazizi

On se souvient de Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur tunisien dont l’immolation en 2010 parut déclencher le printemps arabe.
Nous savons aujourd’hui la part de mythe qui s’est logée dans cette histoire et c’est pour elle qu’on la raconte encore. Pour protéger, non « la révolution » mais les acquis : le nouvel « ordre » et surtout les désordres dont il est l’alibi.

Les victimes innocentes, ordinairement on les oublie.
Il n’y a donc pas de scandale innocent.
Ceux qui changent l’ordre établi sont orchestrés par de grands intérêts.

Ce mécanisme est de toujours. Continuer la lecture de « Jamais un scandale n’abolit l’esclavage (Rome 326 av. J.-C.) »

Abolition des dettes fiscales (Rome 119)

Dette - Hadrien 119

Ce sesterce de 119 à l’effigie de l’empereur Hadrien (117-138) célèbre la décision qu’il prit à son avènement d’abolir les « reliqua vetera », le registre des dettes que les citoyens romains avaient accumulées pendant les 16 années précédentes.
Le revers de cette pièce montre trois citoyens acclamant la destruction par le feu des rouleaux de compte ; sa légende précise que la somme était énorme :  9000 sesterces.

Hadrien se montrait ainsi plus démagogue et tacticien que généreux : il obtenait le soutien du peuple par un geste que nul ne pourrait répéter avant longtemps.
Il était d’ailleurs plus spectaculaire  que coûteux : la somme obtenue l’avait été par le jeu des intérêts cumulés. Trajan, toujours à guerroyer, avait laissé ces dettes courir au delà du raisonnable. Elles ne seraient jamais remboursées et, si le total frappait les esprits, le principal (la perte effective) était bien moindre. En outre, l’avènement d’Hadrien lui donnait les moyens de renflouer le Trésor public. Moyens violents, certes, mais chirurgicalement nécessaires : Hadrien manquait de légitimité. Continuer la lecture de « Abolition des dettes fiscales (Rome 119) »

Esclavage pour dette (Égypte 592 av. J.-C.)

Assiette exposée au Musée du Louvre, accompagnée de la notice que voici :

Contrat d’engagement pour dette, en démotique
592 av. J.-C. (an 4 de Psammétique II, 26° dynastie)
B
ol en terre cuite

«… Je suis satisfaite de l’argent pour lequel je deviens ta servante. Je suis ta servante… Je ne pourrai plus me considérer comme une personne privée indépendante vis-à-vis de toi, jusqu’à ce que je t’aie remboursé tout argent, tout grain, toute autre chose au monde, avec les enfants qui naîtront de moi, avec tout ce qui m’appartient et tout ce que je vais produire, avec les vêtements que je porte sur le dos… »
(traduction d’après B Menu.)

Continuer la lecture de « Esclavage pour dette (Égypte 592 av. J.-C.) »