Universal convivialism or communal conspiratio?

Convivialism is in search of a new paradigm which could free us from our present tendencies towards unbearable levels of social and natural destruction.
Well, before venturing into new territories, it is wise to check the direction given by the compass.
For Convivialists, it inspires a return to Ivan Illich (1926-2002), the polymath who promoted the concept of “conviviality”.

Here is one of his last (1998) and most inspiring speeches: “The cultivation of conspiracy”. Although he does not explicitly mention « conviviality« , the references he assembles draw a precise description of this key human experience (to be considered as both a goal and a way), as well as of the criteria which tell us if we are still on track. Continuer la lecture de « Universal convivialism or communal conspiratio? »

Vade retro poesia !

Cette mauvaise herbe, elle pousse aux franges de la Cité comme entre les pavés.
Parole naissante, elle fait désordre et c’est pourquoi Platon la honnissait, mais elle fait vie aussi.
Cet art mêlé du Oui et du refus se répand chaque fois qu’un quelconque a mal à se faire entendre.
Il sait pourtant les mots de l’interstice et si enfin, sortant des bas-côtés, il trouve place, il donne racine à la mémoire et, beau comme le lierre ornant les vieilles pierres, on le célèbre dans la communauté.
Toujours le cri, la plainte et le désir mais désormais dans les anthologies avec parfois en rite d’espoir entre deux guerres, une cérémonie.

C’est ainsi qu’on vient à Tunis, aux lendemains désolés de trop fameux printemps, de réunir un peu tous les poètes d’outre-méditerranée. Continuer la lecture de « Vade retro poesia ! »

De la réciprocité à la parole

Pas besoin de parler pour entrer en relation : regards, mimiques et gestes y suffisent mais, pour organiser cette relation, la faire reconnaître par autrui, l’articuler avec d’autres, il est nécessaire de parler.
Sans parole, pas de coexistence assumée, pas de convivialité, pas non plus de société apte à s’adapter à un environnement changeant.
Pas enfin de complexité vivante sans débat et pas de débat sans capacité à s’exprimer.

Mais la clarté passe par un décentrement. Qui expose bien parle ou écrit pour autrui, pas pour soi et, si l’on veut que l’autre ait envie d’écouter ou de lire, il faut le séduire, d’abord par ce qu’on est, ensuite par la façon dont on s’exprime. Continuer la lecture de « De la réciprocité à la parole »

Vers un jeu convivialiste ?

Les jeux sont des espaces d’expérimentation et, quand ils sont stabilisés, d’apprentissage.
Or l’idée de société conviviale à grande échelle ne va pas de soi ; c’est ce qui fait l’intérêt d’un jeu tel que Commonspoly, une sorte d’anti-Monopoly, consacré, non à l’enrichissement des joueurs, mais à l’animation et la valorisation des « commons », c’est-à-dire des biens communs qui nous sont nécessaires pour faire société.
J
e n’ai pas encore expérimenté Commonspoly, mais j’ai monté dans le passé diverses simulations ; dérivées du « dilemme du prisonnier », elles poursuivaient un objectif semblable. Continuer la lecture de « Vers un jeu convivialiste ? »

Nous sommes des proies depuis toujours

Bloodrites07La dénonciation que je viens de faire de l’idéologie sacrificielle m’incite à rééditer le présent article, précédemment publié en juillet 2012. C’est un compte rendu, synthétique d’abord puis détaillé, d’un livre magistral :
Barbara Ehrenreich. Blood Rites. The Origins and History of the Passions of War. USA 1997. Metropolitan Books. UK 2001 Granta Books, 270 p.
(Trad. française : Le sacre de la guerre. Essai sur les passions du sang. Calmann-Levy 1997, 281 p. et 1999, 328 p.)
Sa documentation est désormais un peu ancienne. Elle gagnerait à être complétée et nuancée par les derniers travaux des anthropologues. Tout suggère que cela ne saurait changer le cœur de son argumentation.


Barbara Ehrenreich part d’une évidence négligée : si l’homme est un prédateur, ses ancêtres – les nôtres – étaient des proies. Cette expérience « préhistorique » de deux à trois millions d’années pèse lourd par rapport aux 5.000 ans d’histoire humaine pendant lesquels la guerre est devenue le premier des prédateurs que nous ayons à craindre. Continuer la lecture de « Nous sommes des proies depuis toujours »

Mort chrétienne, fautes militaires et perversions sociétales

Que penser de la mort d’Arnaud Beltrame, le gendarme qui, ce 23 mars, s’est substitué à la cliente que l’assassin de Trèbes, dans l’Aube, avait prise en otage dans un supermarché ?

Complément sur le déroulement de l’intervention d’Arnaud Beltrame

Les autorités de l’État et la Presse sont unanimes pour nous présenter son geste comme un « sacrifice héroïque ». Or il y a au moins deux lectures à faire de son comportement. Continuer la lecture de « Mort chrétienne, fautes militaires et perversions sociétales »

Aventurer l’avenir

1. Nos dieux sont des avatars des bêtes de proie et, contrairement aux apparences, nous ne nous sommes pas encore libérés de la problématique du sacrifice humain.

2. Nos civilisations, nées de la guerre, continuent de la promouvoir.
L’adage « Qui veut la paix prépare la guerre » est mensonger. Il cache la vérité contraire au cœur même de l’idée de civilisation : « Qui veut la victoire se dote de l’arme absolue, qui est la paix civile nécessaire aux combats ».

3. Le besoin de coexistence étant devenu planétaire, nous ne saurions éviter la destruction mutuelle en faisant plus de la même chose.

4. Il faut donc faire autrement :
– nous remettre, religieusement, à l’écoute des processus continus de révélation ;
– intensifier, laïquement, les processus de négociation nécessaires à l’invention des moyens de vivre ensemble ;
– réévaluer les données (culturelles, philosophiques, psychologiques, morales et politiques, techniques…) qui fondent nos existences.

5. La route à prendre se déduit du but à atteindre (vivre ensemble sans destruction mutuelle) autant que de la situation présente (de féroce compétition sous les apparences de l’échange).

6. Chacun, pour l’essentiel, est encore pris dans « sa logique » : le système de ce qu’il croit être les conditions de sa survie et de sa pleine existence.
Tel est le point de départ.

7. L’approche à développer est donc « métalogique ». Il s’agit de sortir de « sa » logique pour imaginer le système dont elle fait partie et en déduire d’autres modes d’action.

8. Elle ne saurait dire l’ordre du monde vers lequel nous allons, ou devrions aller : tout énoncé de cet ordre avantagerait certains au détriment des autres. Il ne pourrait donc rallier…
– ni les politiques (ils luttent entre eux pour obtenir des places),
– ni les religieux (l’ultime appartient à Dieu),
– ni les philosophes (ils y reconnaitraient immédiatement un paradoxe).

9. Mais elle cherche les idées et les moyens qui peuvent conduire chacun vers des façons d’agir et de penser qui ne soient pas incompatibles avec celles d’autrui.

10. La destruction mutuelle étant la pierre de touche de l’approche métalogique, celle-ci se veut respectueuse du passé, celui de chacun, et donc celui de tous.
Au nom de son objectif de coexistence, elle invite néanmoins chaque communauté à réexaminer son histoire pour y découvrir ce qu’elle comporte d’inaperçu par elle-même et de possible pour tous.

11. Nos civilisations vivent de la guerre perpétuelle sous prétexte de tendre à la paix perpétuelle, celle qui leur permettra, enfin et pour toujours, d’« avoir la paix ». Mais cette « paix » que l’on voudrait « avoir » ne convient jamais qu’à celui qui la rêve.

12. Les vieux rêves sont infantiles. Ainsi en est-il des rêves de paix qui nous ont dressés les uns contre les autres sous prétexte de rétablir nos droits.
Quoi de plus vain…
– que la beauté d’Hélène si elle nous vaut la guerre de Troie ?
– que le tombeau du Christ s’il légitime les croisades ?
– que la pratique de la vraie foi si elle entraîne les guerres de religion ?
– que l’abolition des privilèges si, après les guerres de la Révolution et de l’Empire, elle n’ouvre qu’à la lutte des classes ?
– que la notion d’espace vital si, pour la mettre en œuvre, il faut deux guerres mondiales, le conflit israélo-palestinien et la guerre froide ?

13. Rêves infantiles… La preuve ?
Ce sont toujours des rêves de liberté.
Pour soi, évidemment. Pas pour autrui.
Si nous voulons échapper à la guerre perpétuelle, il va nous falloir aussi renoncer à nos rêves de paix.

13. De grandes œuvres, des mots et des pratiques… les tracent dans nos cultures, en filigrane.
Pour dépasser la guerre, et le rempart de paix rêvée derrière lequel s’abritent nos civilisations, il va falloir aventurer l’avenir au delà de l’idée même de civilisation.

Première publication : 18 juillet 2012

Lire aussi…
Dépasser les conflits inutiles

Dépasser les conflits inutiles

1. « La métalogie » inventorie, perfectionne et met en œuvre les moyens dont nous disposons pour « dépasser les conflits inutiles ».

2. Elle n’a aucune prétention à établir « la paix dans le monde » et récuse même l’idée qu’on puisse y parvenir.

3. Son approche, strictement négative (« dépasser »), locale ou multi-locale (« les conflits ») et circonstanciée (ne traiter que des conflits « inutiles »), est nécessaire pour éviter les paradoxes induits par toutes les formes d’absolu, même celles qu’on croit « positives », par exemple le Bonheur, la Vérité, le Salut et même la Paix. Continuer la lecture de « Dépasser les conflits inutiles »

Polygraphe ?

Comment me présenter à autrui ?

C’était aisé du temps que j’avais une « existence » professionnelle [Voir infra].

En fonction de la période et du contexte, je répondais psychothérapeute, consultant ou dirigeant avec, au besoin, des indications complémentaires sur mon approche, mes techniques ou l’entreprise concernée.
Il en va tout autrement depuis 2001 : je suis resté en marge de la vie active et, quelques années plus tard, cessant de m’en soucier, je n’ai plus fait que réfléchir, lire, débattre et écrire.

Quoi ? Un essai de philosophie politique (ou plusieurs), un roman historique (ou plusieurs). et une succession de blogs occasionnellement victimes des malveillances que, sur le Net, on croise un jour ou l’autre.

Et sur quoi ? Potentiellement sur tout, puisque le mot d’ordre (« Dépasser les conflits inutiles ») que je me suis donné semble être la clé du changement de paradigme dont, comme tant d’autres, je sens la nécessité ; sa mise en œuvre touche donc à tous les domaines de la culture et de la politique.

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