11 novembre 2022, un jour propice pour déclarer la paix

La guerre d’Ukraine a trop duré.
Ce 11 novembre est un jour propice pour déclarer la paix.
Comprenez-vous que c’est possible ?

Les États-Unis le savent

Le général Mark Milley, leur chef d’état-major, vient de le leur annoncer :
« Il doit y avoir une reconnaissance mutuelle que la victoire militaire n’est probablement pas, au sens propre du terme, réalisable par des moyens militaires. Il faut donc se tourner vers d’autres moyens. Une occasion s’ouvre à la négociation. »

Le pays lui-même est dans une situation similaire : en politique intérieure, les élections de mi-mandat n’ont donné la victoire à personne et, à l’avant-garde du numérique, deux des entreprises extraordinaires de la dernière décennie (Facebook et Twitter) licencient massivement.

Latence aussi pour la Fédération de Russie

qui vient d’abandonner Kherson pour se replier sur la rive orientale du Dniepr en préparation de la guerre d’hiver ou en attente de pourparlers sérieux.

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Koulbak et les arts de la révélation

Avec Mandelstam, Victor Koulbak affirme qu’il n’a « jamais été le contemporain de personne ».

Mais alors, de quel temps est-il ?

Les Anciens vivaient dans un monde sans photos où les représentations étaient rares : quelques images, quelques statues, des mosaïques, des reliefs, des frises. La rencontre qu’on avait avec elles était exceptionnelle et ritualisée. Miraculeuse, elle découvrait ce que l’on n’avait jamais vu mais qu’on reconnaissait comme le premier portrait d’une personne aimée, révélation parce qu’ouverte à la contemplation alors que, jusque-là, cette image ne faisait que passer.
L’artiste, en l’élevant hors du temps, la manifestait comme vérité vivante, inspiratrice de sentiments et d’idées, avènement solennel de beautés qui sont le secret du monde.

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Szafran à l’Orangerie, une expérience d’enfermement

Sam Szafran, cet homme menacé dans son enfance par la persécution nazie,
puis par la misère…
a trouvé spirituellement et socialement son salut dans l’art et les fraternisations du Montparnasse d’après-guerre.

Peut-être aurait-il aimé la liberté ?
Elle était hors de portée.
Il choisit donc…
la discipline des enfermements consentis, infiniment décrits et finalement aimés…

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COVID-19, qu’a-t-on fait ? que faire maintenant ?

Le professeur Christian Peronne, spécialiste des pathologies tropicales et des maladies infectieuses émergentes, a donné une conférence ce 19 octobre à Strasbourg à l’invitation de quelques députés européens. Il analyse ce à quoi nous avons assisté depuis près de trois ans à propos du COVID 19.

Convaincu par sa critique (radicale) et ses propositions (de bon sens) en matière de santé publique, je relaie cette vidéo…

https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=It55DbJ-mFk

À ceux qui, comme moi, veulent vraiment réfléchir à ces questions, je recommande l’écoute intégrale (à partir de la 40e minute).

Et pour ceux qui préfèrent commencer par un rapide survol, voici les copies d’écran de sa présentation…

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Des erreurs de la France et l’Europe sur l’Ukraine

La chaine YouTube TROUBLE FAIT que je découvre (alors qu’elle existe depuis 2015) est excellente. Clarté d’esprit et d’exposé, organisation des arguments, pertinence des illustrations et des chiffres, légèreté du ton et fermeté des idées, tout y est.

Il y a un gros travail derrière, sérieux et vérifiable : le lien PLUS en-dessous de chaque vidéo donne accès à une « table des séquences » et à des liens vers les « sources », ce qui permet de sélectionner les séquences et arguments qu’on veut examiner en détail.

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Démanteler les géants

[English below]

Sous le lien suivant, l’estimable Robert Reich montre que, face à des fauteurs de troubles comme Kanye West, Donald Trump et quelques autres, le public ne peut compter…

  • sur les géants médiatiques pour être socialement responsables,
  • pas plus que sur le droit (tranché aux USA par la Cour suprême) qui ne peut traiter ces géants que comme des gestionnaires de flux chargés d’un service public analogue aux autoroutes, donc non responsables de ce que leurs usagers font circuler ou des accidents qu’ils produisent,
  • et pas non plus sur l’appareil politique lui-même (gouvernement et élus) qui, toujours insécure et divisé, dépend de l’argent et des médias.

La boucle est bouclée. Le pouvoir détenu par les géants du numérique est incompatible avec les besoins de la société.
La seule solution est de réactiver les lois anti-trust et de briser ces géants.

Aussi forte qu’elle paraisse, cette argumentation a deux faiblesses…

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Qui pense ? Le brave vieux « moi », croyez-vous ?

« En ce qui concerne la superstition du logicien, je ne me lasserai pas de souligner un petit fait bref que ces superstitieux répugnent à avouer, à savoir qu’une pensée vient quand elle veut, et non pas quand « je » veux ; c’est donc falsifier les faits que de dire : le sujet « je » est la condition du prédicat « pense ».

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Génération Alzheimer

Vieux frères et vieilles sœurs, nous sommes la part humaine de la mémoire du monde.

Les plus fragiles d’entre nous s’inquiètent de devenir Alzheimer mais nous, les plus solides, si nous ne transmettons rien…

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Secret de la démocratie : l’asservissement d’autrui

Lorsque Sieyès en 1789 observe que « nous sommes forcés de ne voir, dans la plus grande partie des hommes, que des machines de travail », il le fait en parfaite continuité avec « les pères fondateurs » (dans notre tradition) de l’idée de « démocratie ».
À Athènes, la décision politique est débattue directement entre les seuls citoyens, c’est-à-dire entre ceux qui, statutairement et matériellement libérés des contraintes quotidiennes par le travail des esclaves, sont ouverts à la connaissance et aptes à l’exprimer.

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Barbara Ehrenreich (1941-2022)

Barbara Ehrenreich vient de mourir à 81 ans. Généreuse militante, chroniqueuse originale et profonde, ceux qui rapportent sa mort mettent l’accent sur les grandes causes (femmes, inégalités, politiques de santé, idéologies de la classe moyenne…) auxquelles son nom est désormais attaché.

Voir…

https://www.puffinfoundation.org/barbara-ehrenreich/

https://en.wikipedia.org/wiki/Barbara_Ehrenreich

https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbara_Ehrenreich

Pour ma part, j’ai surtout été marqué par…

Blood Rites: Origins and History of the Passions of War (1997),

un essai d’anthropologie qui est resté marginal dans son œuvre.

J’en ai rendu compte sur mon blog dans un article détaillé :

Nous sommes des proies depuis toujours

Depuis, je ne cesse de me référer à Barbara Ehrenreich…

Toutes nos traditions, toutes nos institutions, toutes nos croyances, portent la marque de l’effroi ressenti par nos ancêtres archaïques devant les prédateurs souverains face auxquels l’humanité, pour survivre, a dû s’imaginer.

De la catastrophe au Pakistan à l’eunomie internationale

[English version below]

35 millions de personnes déplacées, des milliers de morts, la destruction massive des champs et du bétail, la famine et les épidémies à venir, ne seront pas surmontées sans repenser profondément les systèmes mis en avant par les « pays du Nord ». Comme partout ailleurs, le jeu de la dette a enrichi les élites locales pour les asservir aux intérêts des États-Unis pendant la guerre froide, puis la guerre au terrorisme. C’est ensuite aux pauvres qu’on demande de rembourser cette dette dans le cadre du plan d’austérité imposé par le Fonds Monétaire International.
Le Pakistan est aux abois.

Puissances et puissants n’oublieront certes pas qu’il détient l’arme atomique. Leurs intentions ne bénéficieront donc durablement qu’aux affairistes de l’aristocratie, de l’immobilier et de l’armée.

Voyons plutôt qu’une catastrophe de cette ampleur peut donner le départ à l’élaboration collective d’un ordre international alternatif qui traiterait sérieusement des questions posées par l’histoire mondiale des injustices, de l’impérialisme et du capitalisme. Une telle perspective associerait les initiatives de ceux qui, au Nord de la planète, combattent le militarisme, le nationalisme et l’addiction aux énergies fossiles, avec celles de ceux qui, au Sud, combattent l’exploitation par les élites locales, les pays étrangers, et les institutions financières internationales.

En d’autres termes, plutôt que de s’en tenir à de très limitées et temporaires initiatives humanitaires, il est ici question de prendre appui sur les contradictions du présent pour imaginer et construire un autre avenir pour tous, qui soit durable, solidaire et audacieux.

Une « eunomie » (« bon ordre ») internationale aurait dit Solon.

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Climat… Militantisme, action collective et débat

Radio France engage un tournant environnemental : « NOUS NOUS TENONS RESOLUMENT DU COTE DE LA SCIENCE, en sortant du champ du débat la crise climatique, son existence comme son origine humaine. Elle est un fait scientifique établi, pas une opinion parmi d’autres. »

[Voir infra le Manifeste de radio France]

Je suis content de découvrir cette déclaration de politique éditoriale, elle a le mérite d’être claire et idéologiquement cohérente.
Ailleurs, dans d’autres médias, on tient d’autres propos, l’on promeut d’autres croyances et se donne d’autres priorités.
De telles « politiques » restent souvent implicites. Des initiés, le cas échéant, les affinent, les font évoluer mais leur « cela va sans dire » suffit pour manager une équipe rédactionnelle sans que le tribunal de l’opinion s’en saisisse..
Mérite additionnel de cette solution : elle permet de maintenir la fiction de l’indépendance des journalistes à l’égard des propriétaires du journal.

Donc merci à Radio France, chaîne de service public, d’exister et de faire connaître ses choix éditoriaux.

Ce parti pris de se situer « du côté de la science » est assez proche du mien pour que je continue à m’intéresser aux productions de Radio France.

En revanche, l’idée de « sortir la crise climatique du champ du débat » est une erreur, et ceci pour trois raisons : politique, scientifique et cognitive…

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À quelque chose, bévue est bonne ? oui mais à quoi ?

Dans un discours international en tant que Chef d’État, Biden a proclamé son « indignation morale ».

Cela n’aurait de sens que dans un rapport entre personnes libres de mettre de fin à leur relation.

Un tel accès de moralisme est donc hors de propos.

Un dérapage ?

Il y a là un « dérapage » analogue à celui de De Gaulle à Montréal en 1967 (« Vive le Québec libre ! »). Les naïfs mirent cette bévue au compte de la fatigue et l’âge du général (77 ans).

La comparaison est donc parfaite avec celle de Joe Biden en 2022.

Dans les deux cas, un chef d’État étranger proclame qu’on « assiste ici à l’avènement d’un peuple qui dans tous les domaines veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées. » » (Charles De Gaulle, Québec, le 23 juillet 1967). Quant à Joe Biden, alors que la Russie est en guerre contre l’Ukraine qu’il soutient, à Varsovie, capitale d’une Pologne qui a des frontières communes avec l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie (par Kaliningrad), il déclare que « Pour l’amour de Dieu, cet homme (Vladimir Poutine) ne peut pas rester au pouvoir ! ».

Dans les deux cas…

Ces présidents jouent consciemment des résonances de l’histoire…

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Ukraine – Jeux pervers

Sous la présidence d’Emmanuel Macron, et cette malencontreuse présidence de l’Union européenne dont il n’a su s’abstenir [1], nous voici embarqués dans un jeu débile pour adolescents risque-tout.

[1] La proximité des élections présidentielles françaises l’y invitait. Cette décision prise, la guerre changea la donne. Requis de parler pour toute l’Europe qui est l’otage des États-Unis, il a été empêché de parler spécifiquement pour la France.

Oublieux de notre propre fragilité, nous avons déclaré une guerre économique dont nous sortirons par des faillites en cascade et des vies ruinées bien au-delà de ce qui s’est passé en 2008.

Ensuite, renouvelant les enchevêtrements d’alliance qui ont conduit aux deux guerres mondiales, nous sommes devenus de fait des co-belligérants. Avec de l’aide humanitaire et des livraisons d’armes à l’Ukraine, sous prétexte d’aider sa courageuse résistance, nous prolongeons le supplice de ce pays déjà pauvre et déchiré avant cette guerre. Il n’en restera demain que des ruines.

« Bon calcul, diront les cyniques, pourvu que ça reste chez eux ! ».

Ainsi pensons-nous « à l’Ouest », surtout si c’est outre-Atlantique.

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Zelensky a cassé son vélo… et l’Ukraine

Yuval Noah Harari se réjouissait le 28 février que Poutine ait, disait-il, « perdu sa guerre »

Le 1er mars, Bruno Le Maire déclarait que la France et l’Union européenne allaient « livrer une guerre économique et financière totale à la Russie », dans l’objectif assumé de « provoquer l’effondrement de l’économie russe ».
Qu’il soit revenu en arrière depuis en parlant diplomatiquement de « stratégie de désescalade », devrait sauver sa carrière mais ne trompera personne.

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Dans une guerre, tous les combattants sont des perdants (dans celle-ci, même si elle se termine vite et « bien », ce sera la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays limitrophes, l’Europe) mais pas ceux qui les actionnent de loin.

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Plutôt que Mao, juger nos idéaux

L’histoire ne repasse pas les plats, c’est une affaire entendue mais je saisis l’occasion d’un documentaire sur LCP intitulé :

Chine : à quand le jugement de Mao ?

pour faire le point sur ce que je crois savoir de l’aventure maoïste, m’en rappeler la chronologie et me demander ce que j’en pense.

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L’Arc de Triomphe est emballé, qui va l’emporter ?

English translation below

Napoléon fut un désastre pour la France et l’Europe. Je suis donc fermement opposé à l’idée de le célébrer à l’occasion du deux-centième anniversaire de sa mort en exil.
Plutôt que de commémorer l’exil de ce criminel, c’est la guerre elle-même qu’il nous faut exiler.

Exilons l’arche de la guerre

L’Arc de Triomphe fut élevé pour consoler les Français bellicistes des défaites et des guerres désastreuses que les aventures napoléoniennes ont entraînées. Maintenant que l’Arc de la Honte est emballé, j’attends des déménageurs qu’ils terminent le travail et emportent ce monument pervers.

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Notre devoir d’être des garde-fous pour autrui

Olivier Maire – Emmanuel Abayisenga

Merci à Cécile Murray pour cet utile et touchant témoignage sur Emmanuel Abayisenga, cet immigré inconnu (comme le soldat du même nom) avant que, lamentablement, il s’affuble des qualificatifs indélébiles d’incendiaire et d’assassin.

Les traumatismes personnels et la destruction des entourages rendent fou. Nous produisons de tels fous, tous les jours dans les pays que nous martyrisons, en quantité industrielle comme les armes dont nous faisons parade.

Ces victimes, notre but n’a jamais été de les sauver mais de nous en débarrasser. Quelques rescapés abordent à nos rives mais – fous d’ailleurs ou d’ici – c’est pareil : nous ne savons qu’en faire. Les exigences de la vie « normée » (celle que l’on prétend « normale ») ne sont pas faites pour les grands blessés ni les handicapés, physiques ou psychiatriques.

Faire ou pas faire quelque chose pour eux ? Si l’insertion semble à portée, c’est un pari qu’on peut tenter. Au-delà, on entre dans l’inhumain.

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