Falsifier la démocratie (l’exemple du Wisconsin)

Dans une démocratie d’apparence, l’ignorance vous désigne comme victime.

Montrez les vidéos ci-après aux jeunes ignorants qui vous entourent. Elles comportent pour eux une leçon salutaire.

Voici comment, dans le respect des procédures, on fait passer « aux aveux » un jeune manipulable.
Tout est corrompu dans les interrogatoires que ces enregistrements nous font découvrir, tout sauf la procédure qui obligeait les policiers à filmer les entretiens.
On les y voit (difficilement) conduire un adolescent de 16 ans à de prétendus aveux par monosyllabes. Ne comprenant rien des enjeux, celui-ci se montre seulement pressé de revenir au collège dont on l’a extrait de force, sans avocat bien sûr.

4 interrogatoires très orientés

Aussi grossiers qu’ils soient, ces interrogatoires permettent d’obtenir du jeune homme ce qui est techniquement nécessaire pour le mettre en prison pour des décennies et, par la même occasion (c’est tout le but de l’opération), pour se débarrasser à jamais de Steven Avery, son oncle, victime célèbre d’un procès truqué par la même équipe de policiers, ce qui lui a valu 18 ans de prison jusqu’à ce qu’on l’innocente.

Dès lors, il faudrait l’indemniser. Non seulement les fautes de l’institution sont grossières (on pourrait alors s’entendre sur 450 000 $), mais elles ont été renouvelées huit ans après. Les avocats sont payés au pourcentage. ils demandent alors, au nom de Steven Avery, 36 millions de dollars (2003). S’ils les obtenaient, cela ruinerait non seulement la vie des fonctionnaires impliqués, mais le budget des institutions responsables.
De proche en proche, toute la filière juridique et répressive est menacée, jusqu’à la Cour suprême de l’État. On y fait donc collusion pour s’éviter, au moyen de deux fausses condamnations, les conséquences de la précédente.
Steven Avery et Brendan Dassey, son neveu, sont toujours en prison aujourd’hui. L’aîné a fait plus de 30 ans de prison sans motif. Incarcéré à 16 ans, le second en a déjà fait 14.

Quel est le contexte ?

Le Wisconsin est un « swing state » agricole dont les Koch Brothers ont pris le contrôle en 2011.

L’électorat le plus directement manipulable est formé de ruraux buveurs de bière proches de l’illettrisme (dont la famille Avery).
Aux dernières nouvelles, 20 000 à 30 000 voix (1 % des électeurs) suffisent à faire basculer les élections. Le juge républicain Paul Malloy vient de décider que 234 000 électeurs seraient rayés des listes si, dans les 30 jours, ils ne confirmaient pas leur adresse par écrit.


Il va de soi que les moins éduqués d’entre eux (qui sont généralement les plus pauvres, donc les plus susceptibles de voter démocrate) répondront moins que les autres.
Le gouverneur démocrate proteste.
Le juge Malloy prétend ne faire qu’appliquer la loi. Celle-ci a été votée quand les Koch Brothers (David est mort depuis, il ne reste plus que Charles) ont pris le pouvoir.

Quand au point de départ de tout cela ? Une haine villageoise amorcée des années avant par les conneries d’un jeune imbécile. Effet de dominos, petit à petit, de grands intérêts s’en sont mêlés…

P.S. Le dossier complet de Brendan Dassey se trouve ici.

Auteur : Pierre Nicolas

Polygraphe (essai de philosophie politique, romans historiques, blog) après avoir été psychothérapeute, consultant, dirigeant.

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