Covid-19, au 1er mai, où en est-on ?

Création de Henry J. Kaiser (1882-1967, la KFF (Kaiser Family Foundation), dotée en 1948 de la moitié de la fortune du fondateur et réorganisée en 1991, a pour objet les questions de santé.
Ses graphiques et tableaux de suivi sont particulièrement maniables.
Ceux qui suivent ont été créés avec leur “Coronavirus Tracker“.

Aux États-Unis

La première page de ce site américain met en exergue une courbe effrayante : celle de la croissance du nombre de personnes contaminées (“cases”) aux États-Unis.

Regardons la de plus près…

Les résultats ne sont pas meilleurs quand on regarde la progression du nombre de morts…

Donald Trump sur ces bases devrait rater sa réélection, ce qui justifierait stratégiquement la discrétion présente de Joe Biden. Les aberrations du président sortant sont si marquantes que, pour se valoriser, il suffit de les mentionner.
« Dans cette élection présidentielle, vous avez deux candidats.
La politique de l’un d’entre eux a tué en trois mois plus d’Américains qu’il n’en est tombé pendant toute la guerre du Vietnam. Moi, je suis l’autre candidat.
L’un de ces candidats s’est improvisé médecin et il a recommandé de traiter le Covid-19 avec du détergent. Moi, je suis l’autre candidat.
Le précédent candidat s’est également cru des talents de climatologue et a imaginé de prendre le contrôle des ouragans avec des bombes nucléaires. Moi, je suis l’autre candidat. Etc.

(Stratégie proposée par Michael A. Cohen dans sa newsletter du Boston Globe).

Dès qu’au lieu de s’émouvoir, on réfléchit à ces données, on observe que les chiffres en question sont cumulatifs.
Une telle présentation dit l’horreur du présent, elle n’annonce pas l’avenir. Pour s’y projeter, il faut les situer dans une échelle logarithmique. la tendance alors apparaît : aggravation, stabilisation, régression…

Voici en courbe logarithmique l’évolution du nombre de personnes contaminées…

Et voici celle des morts…

Jared Kuschner aurait-il raison lorsqu’il se félicite que les États-Unis n’aient pas beaucoup plus que 60 000 morts ?
La déclaration est imprudente. Elle confirme ses faibles talents de communicant. Homme de confiance du président, il n’en a cure d’autant que Donald Trump, tant qu’il est au pouvoir, a toujours la ressource de provoquer l’événement ou, plus prudemment, d’attiser des tensions.
L’Iran et le Venezuela sont des cibles toutes prêtes et, la Chine, un bouc émissaire tout désigné. N’est-ce pas depuis le début de la stratégie préconisée par Steve Bannon ?
De toutes façons, pendant la crise, les affaires continuent.

Mais pour nous, peu importe : on n’arrêtera pas ces corrompus et si, par extraordinaire, cela se fait, ce sera bien après.

En France et dans les pays voisins

Venons-en maintenant à la France et ses voisins…

Pour le nombre de contaminés,elle est proche de l’Allemagne, comme on le voit dans ce graphique, mais aussi de l’Italie et de l’Espagne ou du Royaume-Uni, sur lesquels on a multiplié les comparaisons désobligeantes…

À la fin du quatrième mois de 2020, ces quatre grands pays européens ne se distinguent guère concernant les contaminations.
Concernant le nombre de morts en revanche, l’Allemagne fait nettement mieux : elle en a presque quatre fois moins.

Son réseau sanitaire n’a pas été saturé (c’est là un heureux sous-produit de sa structure fédérale) et elle s’est plus rapidement équipée pour tester.

Reste à noter que la Corée du Sud, elle, a des leçons à nous donner à tous : 27 fois moins de morts qu’en Allemagne et de l’ordre de 100 fois moins qu’en France, en Espagne, au Royaume-Uni ou en Italie !
À quoi cela tient-il ? Selon toute probabilité, au dépistage précoce rendu possible par la maturité du pays sur la gestion des risques pandémiques, la disponibilité des tests, l’organisation sanitaire, et la discipline de la population.

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Auteur : Pierre Nicolas

Polygraphe (essai de philosophie politique, romans historiques, blog) après avoir été psychothérapeute, consultant, dirigeant.