Il y a de la dystopie dans l’air

En Chine, comme ailleurs dont la France, la majorité de nos populations entre en mode survie, cela change nos cultures. Avec le virus et la déflation, il y a de la dystopie dans l’air.

Voyez cet excellent reportage de Bloomberg sur la façon dont les habitants de Wuhan s’adaptent.

Un voyageur en attente à la gare
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Covid-19, au 1er mai, où en est-on ?

Création de Henry J. Kaiser (1882-1967, la KFF (Kaiser Family Foundation), dotée en 1948 de la moitié de la fortune du fondateur et réorganisée en 1991, a pour objet les questions de santé.
Ses graphiques et tableaux de suivi sont particulièrement maniables.
Ceux qui suivent ont été créés avec leur « Coronavirus Tracker« .

Aux États-Unis

La première page de ce site américain met en exergue une courbe effrayante : celle de la croissance du nombre de personnes contaminées (« cases ») aux États-Unis.

Regardons la de plus près…

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Ce que les sachants choisissent d’ignorer

Le présent confinement est l’accident planétaire qui soudain nous confronte à notre ignorance radicale, à ce que les prétentieux savoirs quotidiens choisissent d’ignorer : l’inconnaissance.

J’en ai proposé une première analyse en 1990 dans un ouvrage intitulé :
La Cité de la Parole. Éditions L’ŒUVRIER. 192 p.

L’expérience du confinement est le moment de relire le chapitre correspondant…

Dans le nuage d’inconnaissance

Le danger qu’on apprivoise écarte la folie.

Des rives de la mort à la vie collective,  le vieux Charon seul est humain : pour gagner l’obole des vivants, il faut agir en passeur d’âmes.

Enfants du rêve progressiste, nous bâtissons comme les deux premiers des Trois petits cochons : maison de paille, maison de branches, la vie est belle…
Qui se souvient du loup ?

Mais  les tempêtes,  la mort,  et quelquefois  l’épidémie,  viennent nous  rappeler  qu’il  est  dehors  quelque  chose,  et que  cela  peut frapper fort, jusque dedans, au beau milieu de la tranquillité.

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Les priorités que nous enseigne le confinement


3 milliards de personnes Ͼonfinées dans le monde, un traumatisme planétaire, toutes des situations bien différentes et pourtant des intérêts Ͼommuns synchronisés par un événement planétaire, peut-être périodique…
Des formations politiques naîtront un peu partout qui mettront au Ͼentre les préoccupations collectives nées du Ͼonfinement.
Peut-être se reconnaîtront-elles dans ce symbole oublié mais si parlant, universel même en ces temps de Ͼommunication digitale : on le trouve sur tous nos Ͼlaviers. C’est le sigma lunaire pointé des Grecs, soit dans nos traitements de texte, le Ͼaractère O3FE de l’ Unicode hexadécimal : Ͼ .

Nous nous sommes organisés pour optimiser en fonction de ce qui est le plus probable, et donc le plus profitable, sans tenir compte de ce qui est le plus dangereux, qui pourrait nous tuer.
Mais on vit mal dans la crainte, tandis que le désir est promesse de joie. Nous préférons donc parier que tout ira bien, et tant pis pour ceux qui n’ont pas de chance.
C’est aussi ce que pensent les pauvres. Ils prennent ce qu’on leur laisse. Il est rationnel pour eux de vivre et planter sur les flancs du volcan parce que la terre y est meilleure qu’ailleurs mais, à la catastrophe, on s’étonne : qu’allaient-ils donc faire là ?

Mais n’est-il pas évident que, manque de masques, manque de lits, manque d’hôpitaux, manque de recherche, nous pensons comme eux ?
Que sommes-nous donc allés faire dans cet avenir insupportable ?

S’envoler, c’était le rêve d’Icare mais, sans parachute, c’était déraisonnable.

Or l’homme ne fait rien d’important sans coopération et ne saurait coopérer intelligemment sans réciprocité.
Quand il s’agit de faire plus, on parle d’esprit d’entreprise.
Quand il s’agit de parer aux risques, on parle de solidarité.

Réimaginer, repenser, redessiner nos solidarités, favoriser toutes celles qui s’amorcent, telles sont les priorités que nous enseigne le Ͼonfinement.

Quand vous sortirez du confinement…

Illustration dérivée d’un article « frère » qui suggère le Projet d’une grande Transition vers une société du bien vivre

que ferez-vous ? que ferons-nous ?

Pendant le cloisonnement, on a le temps d’y réfléchir.
En guise de lecture pour temps d’épidémie, puisque nous disent nos dirigeants « nous sommes en guerre« , méditons la proposition que Marcel Mauss faisait au lendemain d’une vraie guerre, « la Grande » qui aurait dû être la « der des der« …

et si c’était Table Ronde ?

Les sociétés ont progressé dans la mesure où elles-mêmes, leurs sous-groupes et enfin leurs individus, ont su stabiliser leurs rapports, donner, recevoir, et enfin, rendre.

Pour commercer, il fallut d’abord savoir poser les lances. C’est alors qu’on a réussi à échanger les biens et les personnes, non plus seulement de clans à clans, mais de tribus à tribus et de nations à nations et – surtout – d’individus à individus.
C’est seulement ensuite que les gens ont su se créer, se satisfaire mutuellement des intérêts, et enfin, les défendre sans avoir à recourir aux armes. C’est ainsi que le clan, la tribu, les peuples ont su – et c’est ainsi que demain, dans notre monde dit civilisé, les classes et les nations et aussi les individus, doivent savoir – s’opposer sans se massacrer et se donner sans se sacrifier les uns aux autres. C’est là un des secrets permanents de leur sagesse et de leur solidarité.

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Une très parlante simulation du processus de contagion

L’article du Washington Post Why outbreaks like coronavirus spread exponentially, and how to “flatten” the curve (Harry Stevens. March 14, 2020) a le grand mérite de simuler visuellement tous les aspects du processus contagieux.
En voici quelques instantanés. Cliquez sur l’un ou l’autre pour voir le processus en mouvement.

Apparition du foyer épidémique

Sa diffusion dans les régions avoisinantes

L’extinction de l’épidémie

Covid-19 Figures and questions as of March 18, 2020

The following data come from the excellent Worldometers website.
This selection is the basis for the questions on which, at the end of the article, I conclude.

Ranking of countries by number of cases on March 18

Comparisons

The initial panic is explained by the explosion of numbers in China in the Wuhan region.

  • Every year an estimated 290,000 to 650,000 people die in the world due to complications from seasonal influenza (flu) viruses. This figure corresponds to 795 to 1,781 deaths per day due to the seasonal flu.
  • SARS (November 2002 to July 2003): was a coronavirus that originated from Beijing, China, spread to 29 countries, and resulted in 8,096 people infected with 774 deaths (fatality rate of 9.6%). Considering that SARS ended up infecting 5,237 people in mainland China, Wuhan Coronavirus surpassed SARS on January 29, 2020, when Chinese officials confirmed 5,974 cases of the novel coronavirus (2019-nCoV). One day later, on January 30, 2020 the novel coronavirus cases surpassed even the 8,096 cases worldwide which were the final SARS count in 2003.
  • MERS (in 2012) killed 858 people out of the 2,494 infected (fatality rate of 34.4%).

Ranking of countries by number of deaths on March 18

It is confirmed by the explosion of figures in Italy, Iran, Spain, France and now the USA.

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De la France au Sahel et des prétendues forces du bien

Après sept ans de guerre, l’échec est évident sur tous les plans.
On pouvait le prévoir dès le départ mais, quand la France (l’Assemblée nationale, les élus, nous tous), s’est découverte en guerre, c’était trop tard.
Ce 11 février 2013, notre président l’avait décidé en toute illégalité.
Sur un appel au secours du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, François Hollande tranche « en quelques minutes » comme il l’avoue dans ses « Leçons du pouvoir » (Stok 2018, 415 p.) : « Seule une intervention de la France peut arrêter » la colonne djihadiste qui fonce vers Bamako.
Les frappes aériennes ne suffiront pas, il faut des troupes au sol.
Il appelle cela « intervention ». C’est une guerre.

Pour quelles raisons la décide-t-il ?

François Hollande se dit avoir été « bouleversé » par le SOS qu’on lui adresse au nom d’un « peuple martyrisé ». Mais la sensiblerie, ce n’est pas ce qu’on demande à un président, ni qu’à ses yeux sous un prétexte humanitaire « la raison d’État pèse peu face à la détresse ».

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Dans l’avant-guerre de ce temps…

C’était en fond de crise, en 1935, entre-deux-guerres, une avant-guerre toute hérissée de monuments aux morts (nous n’en érigeons plus : les morts que nous faisons, nous les noyons, nous les incinérons ou les pulvérisons), et Malraux, lui, rêvant résurrections, vers les statues aux yeux blancs, avançait à tâtons…

« Une œuvre d’art, c’est un objet, mais c’est aussi une rencontre avec le temps. Et je sais bien que nous avons découvert l’histoire. Les œuvres qui passaient de l’amour au grenier peuvent passer de l’amour au musée, mais ça ne vaudra pas mieux.
Toute œuvre est morte quand l’amour s’en retire.

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Falsifier la démocratie (l’exemple du Wisconsin)

Dans une démocratie d’apparence, l’ignorance vous désigne comme victime.

Montrez les vidéos ci-après aux jeunes ignorants qui vous entourent. Elles comportent pour eux une leçon salutaire.

Voici comment, dans le respect des procédures, on fait passer « aux aveux » un jeune manipulable.
Tout est corrompu dans les interrogatoires que ces enregistrements nous font découvrir, tout sauf la procédure qui obligeait les policiers à filmer les entretiens.
On les y voit (difficilement) conduire un adolescent de 16 ans à de prétendus aveux par monosyllabes. Ne comprenant rien des enjeux, celui-ci se montre seulement pressé de revenir au collège dont on l’a extrait de force, sans avocat bien sûr.

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Le Messie technologique

À part  Mélenchon, y a-t-il des gens capables de bilocation ?
On le dit de quelques « saints » comme Padre Pio qui, en outre, pénétrant votre conscience au plus profond, vous faisait confesser des péchés que vous vous obstiniez à cacher.
« L’intelligence artificielle » désormais fait aussi bien, plus encore peut-être…

Cette dame est non seulement capable de multi-location mais elle parle votre langue, le japonais par exemple.
N’importe quelle langue… Du moins, celles sur lesquelles on est prêt à investir des millions de dollars.
En outre, convenablement couplée aux réseaux sociaux, elle en sait plus sur vous que vous n’aimeriez.

Et voilà, le grand moment est arrivé.

Abandonnez-vous à sa tendresse.
Le Messie technologique est arrivé(e) parmi nous.
Comme vous le voyez, c’est une femme.
Légèrement androgyne c’est vrai, mais on peut arranger ça : ce n’était que pour plaire à Platon.

L’amour universel, vous dis-je, enfin la Bonne Nouvelle Artificielle : il y en aura pour tout le monde… enfin, surtout pour les croyants qui seront au bon endroit !