Open-mindedness, the long march

Voir en français : Ouverture des esprits, la longue marche

Here is a modest, clever and spectacular contribution to the opening of minds.

In the course (2016) of this (42-minute) BBC program (Global philosopher), Michael Sandel (Harvard) asks 60 educated young people from 30 countries to speak out on various climate change issues.

Technically, it is difficult to do better.

As for the content, it is exemplary (there is a debate) and educational (presentation of the problem and of some ideas).

However, do not expect anything in terms of action (we are not here for that)… The professional philosopher concludes with a pro domo plea: let’s keep thinking!

So why should we care about this little media masterpiece?

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Ouverture des esprits, la longue marche

English version: Open-mindedness, the long march

Voici une modeste, astucieuse et spectaculaire contribution à l’ouverture des esprits.

Au cours (2016) de cette émission (42 minutes) de la BBC (Global philosopher), Michael Sandel (Harvard) demande à 60 personnes (jeunes éduqués) venant de 30 pays de s’exprimer sur diverses questions relatives au changement climatique.

Techniquement, il est difficile de faire mieux.

Quant au contenu, c’est exemplaire (il y a débat) et pédagogique (présentation du problème et de quelques idées).

N’en attendez cependant rien pour l’action (on n’est pas là pour ça)… Le philosophe professionnel conclut par un plaidoyer pro domo : continuons à réfléchir !

Alors, pourquoi s’intéresser à ce petit chef-d’œuvre médiatique ?

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Au delà du dépassement des conflits

Les histoires intéressantes ou importantes portent toutes sur le dépassement d’un conflit ou d’une opposition qui, pendant l’aventure, devient structurante, créatrice d’identités ».

Deux lectures recommandées pour approfondir ce thème…

  • Sur la question « Comment des groupes humains se constituent en société ? » : Maurice Godelier. Au fondement des sociétés humaines. Ce que nous apprend l’anthropologie. Albin-Michel 2007. 296 p.
  • Sur la construction d’histoires : Robert McKee. Story. Contenu, structure, genre. Les principes de l’écriture d’un scénario. Dixit Esra. 2009 416 p.

Mais c’est le « et après ? » qui m’importe.

Après, c’est la fin de l’histoire

  • du conte de fées (ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants),
  • de l’ennemi ou de la guerre (victoire décisive, communauté européenne, Francis Fukuyama),
  • ou la réussite (généralement posthume) de l’artiste, du chercheur ou de l’entrepreneur.

Fin de l’histoire, donc du conflit, donc des héros, effacement des personnages, délitement de la famille, de l’entreprise, du peuple.

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Convivialisation et créolisation

Patrick Chamoiseau

Appelons « créolisant » le mouvement lancé par Édouard Glissant (1928-2011) et Patrick Chamoiseau (1953- ), fédéré aujourd’hui dans « L’institut du Tout-Monde ».

Ce qu’ils ont écrit et pensé mérite l’intérêt des Convivialistes et le mien : sur une trajectoire fraternelle, ils ont été et seront encore demain magnifiquement créatifs et sources d’inspiration.

D’où l’intérêt de les mettre en regard…

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La laïcité est un piège ; l’alternative ? la convivialité

Souvenez-vous des raisons pour lesquelles la France a opté pour la laïcité.

Ce pays qui avait été « la fille aînée de l’Église » voulait à la fois se débarrasser de l’imaginaire des monarchies « de droit divin » et proclamer son indépendance à l’égard de l’Église romaine. D’où la République laïque avec, comme fondement populaire, le citoyen nanti de droits et sa laïcité pour liberté, celle de désobéir au clergé. La France s’est ainsi inventé une conception de l’ordre public indépendante de l’ordre catholique. Elle n’a pas pour autant changé de culture.

On l’a bien vu dans l’œuvre coloniale, en Tunisie par exemple où la colline de Byrsa fut agrémentée d’une cathédrale dédiée à Saint-Louis. Formellement pourtant, on respectait les musulmans. Carthage avait été détruite par Rome, une autre Rome désormais la marquait, et c’était tout. Avec l’indépendance nationale, juridiquement, la France s’est retirée. Culturellement pourtant, elle est restée, cachée sous un faux-nez : celui de la laïcité.

Celle-ci était pour nous une solution que nous avions inventée en même temps que notre vocation coloniale quand l’Europe ne fut plus qu’un champ clos. Cela n’en fait pas un solution universalisable.

Temporairement, la laïcité nous a donné une souplesse d’adaptation que nous n’aurions pas eue sans elle. Dans des régions et des pays cimentés par d’autres traditions, elle inspire des protestations génératrices de désordres insurmontables. Son œuvre continue de désintégration compromet des États qui tentent d’émerger dans des processus d’acculturation qui déstabilisent toutes les institutions.

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La présente pandémie du point de vue d’Ivan Illich

Interprète autorisé d’Ivan Illich (1926-2002), David Cayley a publié le 8 avril 2020 un article intitulé : « Questions about the current pandemic from the point of view of Ivan Illich“.

Il s’agit là d’un essai puissant, nuancé, profond, riche et novateur : il desserre les nœuds coulants conceptuels qui nous étranglent et nous attachent « aux systèmes » du moment, ceux qui nous ont conduit à la crise.

Les quelques limites de ce texte sont largement imputables à sa date de publication : on en savait moins le 8 avril qu’aujourd’hui.
Peu importe. Il ne s’agissait pas pour l’auteur de définir ce qu’il fallait faire dans tel ou tel pays, à tel ou tel instant, mais de proposer une réflexion à long terme sur les concepts qui prédéterminent nos réactions face à la pandémie.

Illich fait deux critiques à la modernité telle que nous la connaissons…

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Amina Khilaji : misère des aidants, naissance d’un écrivain

Amina Khilaji est une Canadienne française originaire du Maroc ayant fait des études à l’UQAM (Université du Québec à Montréal). Elle s’est portée volontaire comme « employée de renfort » dans un établissement d’accompagnement de fin de vie, ce qu’on appelle au Québec un CHSLD et, en France, un EHPAD. Toutes les jeunes femmes de 28 ans n’ont pas envie de prendre en charge des vieux en fin de parcours mais elle, pour avoir dans son adolescence accompagné sa mère cancéreuse, était sensible à leurs misères.

Son témoignage nous dit ce que l’on vit dans de tels établissements, et comme souvent on y meurt. C’est poignant et rend justice à tous ces soignants, généralement des soignantes et, bien souvent, des immigrées.

Écoutez cela car le texte d’Amina Khilaji est lu ici, bien lu, par une consœur : Catherine Dorion, personnage public de la vie québécoise. Actrice (elle tire ici partie de sa formation), puis chroniqueuse et romancière, elle est depuis 2018 une élue de Québec Solidaire (Parti souverainiste de gauche environnementaliste).

Gloire aux soignantes et pitié pour les vieux !

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Il y a de la dystopie dans l’air

En Chine, comme ailleurs dont la France, la majorité de nos populations entre en mode survie, cela change nos cultures. Avec le virus et la déflation, il y a de la dystopie dans l’air.

Voyez cet excellent reportage de Bloomberg sur la façon dont les habitants de Wuhan s’adaptent.

Un voyageur en attente à la gare
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Les priorités que nous enseigne le confinement


3 milliards de personnes Ͼonfinées dans le monde, un traumatisme planétaire, toutes des situations bien différentes et pourtant des intérêts Ͼommuns synchronisés par un événement planétaire, peut-être périodique…
Des formations politiques naîtront un peu partout qui mettront au Ͼentre les préoccupations collectives nées du Ͼonfinement.
Peut-être se reconnaîtront-elles dans ce symbole oublié mais si parlant, universel même en ces temps de Ͼommunication digitale : on le trouve sur tous nos Ͼlaviers. C’est le sigma lunaire pointé des Grecs, soit dans nos traitements de texte, le Ͼaractère O3FE de l’ Unicode hexadécimal : Ͼ .

Nous nous sommes organisés pour optimiser en fonction de ce qui est le plus probable, et donc le plus profitable, sans tenir compte de ce qui est le plus dangereux, qui pourrait nous tuer.
Mais on vit mal dans la crainte, tandis que le désir est promesse de joie. Nous préférons donc parier que tout ira bien, et tant pis pour ceux qui n’ont pas de chance.
C’est aussi ce que pensent les pauvres. Ils prennent ce qu’on leur laisse. Il est rationnel pour eux de vivre et planter sur les flancs du volcan parce que la terre y est meilleure qu’ailleurs mais, à la catastrophe, on s’étonne : qu’allaient-ils donc faire là ?

Mais n’est-il pas évident que, manque de masques, manque de lits, manque d’hôpitaux, manque de recherche, nous pensons comme eux ?
Que sommes-nous donc allés faire dans cet avenir insupportable ?

S’envoler, c’était le rêve d’Icare mais, sans parachute, c’était déraisonnable.

Or l’homme ne fait rien d’important sans coopération et ne saurait coopérer intelligemment sans réciprocité.
Quand il s’agit de faire plus, on parle d’esprit d’entreprise.
Quand il s’agit de parer aux risques, on parle de solidarité.

Réimaginer, repenser, redessiner nos solidarités, favoriser toutes celles qui s’amorcent, telles sont les priorités que nous enseigne le Ͼonfinement.

Quand vous sortirez du confinement…

Illustration dérivée d’un article “frère” qui suggère le Projet d’une grande Transition vers une société du bien vivre

que ferez-vous ? que ferons-nous ?

Pendant le cloisonnement, on a le temps d’y réfléchir.
En guise de lecture pour temps d’épidémie, puisque nous disent nos dirigeants “nous sommes en guerre“, méditons la proposition que Marcel Mauss faisait au lendemain d’une vraie guerre, “la Grande” qui aurait dû être la “der des der“…

et si c’était Table Ronde ?

Les sociétés ont progressé dans la mesure où elles-mêmes, leurs sous-groupes et enfin leurs individus, ont su stabiliser leurs rapports, donner, recevoir, et enfin, rendre.

Pour commercer, il fallut d’abord savoir poser les lances. C’est alors qu’on a réussi à échanger les biens et les personnes, non plus seulement de clans à clans, mais de tribus à tribus et de nations à nations et – surtout – d’individus à individus.
C’est seulement ensuite que les gens ont su se créer, se satisfaire mutuellement des intérêts, et enfin, les défendre sans avoir à recourir aux armes. C’est ainsi que le clan, la tribu, les peuples ont su – et c’est ainsi que demain, dans notre monde dit civilisé, les classes et les nations et aussi les individus, doivent savoir – s’opposer sans se massacrer et se donner sans se sacrifier les uns aux autres. C’est là un des secrets permanents de leur sagesse et de leur solidarité.

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Covid-19 Figures and questions as of March 18, 2020

The following data come from the excellent Worldometers website.
This selection is the basis for the questions on which, at the end of the article, I conclude.

Ranking of countries by number of cases on March 18

Comparisons

The initial panic is explained by the explosion of numbers in China in the Wuhan region.

  • Every year an estimated 290,000 to 650,000 people die in the world due to complications from seasonal influenza (flu) viruses. This figure corresponds to 795 to 1,781 deaths per day due to the seasonal flu.
  • SARS (November 2002 to July 2003): was a coronavirus that originated from Beijing, China, spread to 29 countries, and resulted in 8,096 people infected with 774 deaths (fatality rate of 9.6%). Considering that SARS ended up infecting 5,237 people in mainland China, Wuhan Coronavirus surpassed SARS on January 29, 2020, when Chinese officials confirmed 5,974 cases of the novel coronavirus (2019-nCoV). One day later, on January 30, 2020 the novel coronavirus cases surpassed even the 8,096 cases worldwide which were the final SARS count in 2003.
  • MERS (in 2012) killed 858 people out of the 2,494 infected (fatality rate of 34.4%).

Ranking of countries by number of deaths on March 18

It is confirmed by the explosion of figures in Italy, Iran, Spain, France and now the USA.

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Revenir au réel

(Peintures de Joel Rea)

Amis idéalistes, examinons nos réactions aux désastres annoncés.
Pour nous y opposer, nous écrivons sur le permis et l’interdit, sur les principes à adopter, les règles à mettre en place, les idées à répandre.

Ne voyez-vous pas qu’il est vain de se dresser, vaillant huissier, à la porte de l’ouragan pour lui lire ses droits avant saisie ?

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Team management by mutual devotion

Team management is a multidimensional task. Some parts are beyond your control.
However, on the human side, your influence may be decisive.
Here is the best you can do…

To manage your team by mutual devotion

Strange idea in a professional context, isn’t it?
However so obvious!
In order to achieve  “mutual devotion”…

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Le surréel n’existe que pour les non-surréalistes.

Desnos, chez moi, une admiration de toujours et, ici, des textes de  référence que, le 17 août 2012 sur le site Notionis, je voulais (je veux  aujourd’hui encore) rendre plus accessibles.
Je les relis avec vous.
Comme lui, « j’ai tant rêvé de toi  » et, comme lui, j’en veux aux mots irresponsables, à l’esbroufe  criminelle, à l’ignorance assumée, à la pose de guichets payants à  l’entrée de communs transformés en parcs d’attraction : « Il n’y a qu’une réalité unique, entière, ouverte à tous ».

Le doux, le généreux, l’immensément inventif et très lucide Robert Desnos aura été l’inoubliable héros du Surréalisme.

Le plus sûr guide aussi, comme le montre la maxime qu’on a mise en titre, extraite de son « Troisième Manifeste du Surréalisme », un texte désolé, blessé, qui avance dans la froideur d’une amitié perdue, mais droit vers l’essentiel : la différence qu’il y a entre recevoir et prendre, ouvrir une porte ou un guichet, s’abandonner à ce qu’il y a d’autre en l’homme ou l’accabler de nouveaux dogmes.

Le chemin de ce « Troisième Manifeste » passe par des querelles oubliées. Que ceux qui hésitent traverser ce marais se souviennent que Robert Desnos, avant de mourir, a su aimer

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La possibilité du Nous

Je retrouve ce texte publié le 20 mai 2013 sur Notionis, mon blog précédent…
Texte d’inspiration, ligne de conduite sous-jacente à tout ce que je fais ou cherche, mots oubliés redécouverts, surprenants comme s’ils me venaient aujourd’hui en commentaire aux débats et questions du moment…

La possibilité du Nous

Nous ne sommes pas un parti, ni un groupe, ni un camp, ni une coterie car il n’y a pas de Contre qui puisse nous définir. Et pourtant j’écris Nous alors qu’à cet instant je suis seul à écrire.

Alors pourquoi ?

J’écris Nous parce qu’on ne pense pas seul et qu’il n’est rien que l’on puisse dire à soi. Ce sont les autres qui décident.

Parce que la pensée ne vaut qu’à éclairer l’action et que l’action qui vaut est collective.

Parce qu’ainsi le Nous est déjà là, au cœur même du Je qui pense et qui agit, un Nous en devenir constant.

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Le Messie technologique

À part  Mélenchon, y a-t-il des gens capables de bilocation ?
On le dit de quelques « saints » comme Padre Pio qui, en outre, pénétrant votre conscience au plus profond, vous faisait confesser des péchés que vous vous obstiniez à cacher.
« L’intelligence artificielle » désormais fait aussi bien, plus encore peut-être…

Cette dame est non seulement capable de multi-location mais elle parle votre langue, le japonais par exemple.
N’importe quelle langue… Du moins, celles sur lesquelles on est prêt à investir des millions de dollars.
En outre, convenablement couplée aux réseaux sociaux, elle en sait plus sur vous que vous n’aimeriez.

Et voilà, le grand moment est arrivé.

Abandonnez-vous à sa tendresse.
Le Messie technologique est arrivé(e) parmi nous.
Comme vous le voyez, c’est une femme.
Légèrement androgyne c’est vrai, mais on peut arranger ça : ce n’était que pour plaire à Platon.

L’amour universel, vous dis-je, enfin la Bonne Nouvelle Artificielle : il y en aura pour tout le monde… enfin, surtout pour les croyants qui seront au bon endroit !

Les hommes ? Ce sont ceux qui se battent…

En concluant mon précédent billet, j’ai pensé à ce mot de Léon-Paul Fargue :

«  Dans la confusion du Jugement Dernier, quand il s’agira de séparer les hommes des taupes, des chrysanthèmes, des nuages, des aloses, des aurores ou des cascades, le fourrier et le greffier de la dernière heure s’écrieront  :
« Les hommes ? Ce sont ceux qui se battent… »

C’est ainsi qu’il conclut son « Bagarreurs », une plainte de temps de guerre qu’il inséra dans les « Déjeuners de soleil » publiés en 1942.

Adoubé « surréaliste », Léon-Paul Fargue (1876-1947) écarta cet encombrant honneur. Il continua cependant de voir André Breton, tout en restant ou devenant l’ami de tous (Mallarmé, Jarry, Henri de Régnier, Valéry, Schwob, Claudel, Debussy, Gide, Ravel, Auric et Valéry Larbaud).
Lors d’un déjeuner avec Pablo Picasso, en 1943, un AVC le rendit hémiplégique. Il écrivit cependant jusqu’à sa mort en 1947.
Poète de toujours et chroniqueur, il était le frère en écriture de Colette, une amie aussi, toute en charmes également, mais réaliste.

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Féminicides

Oui, c’est l’horreur mais, pour ne pas former de guerriers au foyer, il ne faut pas non plus faire de guerre aux frontières.
Or on veut l’un et fait l’autre.

Protester au nom des femmes, c’est bien, mais voyons au-delà. Ce n’est qu’un début, continuons le…

Pas « le combat » tout de même !
Il est temps d’inventer de nouvelles façons de faire et refaire société.

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Des pouvoirs du maire face au globalitaire

Daniel Cueff, maire de Langouët en Bretagne, est connu pour avoir promulgué un arrêté interdisant l’utilisation des pesticides à moins de 150 mètres des habitations.
La cause est sympathique et je la crois juste mais ce qui m’intéresse, c’est surtout la réponse de Daniel Cueff, le 20 juin 2019, au recours gracieux formulé par la préfète d’Îlle-et-Vilaine. Ce n’est pas une nouvelle du jour mais je n’avais pas encore lu ce texte.
Or il y a là un chef-d’œuvre d’argumentation juridique et administrative, extrêmement serrée, sur une question à grandes conséquences : la réaffirmation du local dans un réseau d’institutions économiques et juridiques sous l’emprise abusive du global, autrement dit face au “globalitaire“.

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Le Capitalisme ou des oligarchies ?

François Bégaudeau parle clair. Agrégé de lettres qui a été prof et qui est aujourd’hui écrivain multicartes, il se situe dans « la gauche radicale », à la croisée de l’anarchisme et du marxisme.

Sa définition de la gauche a retenu mon attention.
« Être de gauche, c’est… penser que le capitalisme est fondamentalement destructeur et qu’il n’est pas amendable. Si vous considérez que le capitalisme est amendable, reformez le parti socialiste et puis amendez-le, puis perdez et ridiculisez les classes populaires une nouvelle fois. Non, le capitalisme n’est pas amendable. Est-ce que pour autant il est révolutionnable, est-ce qu’il est dépassable ? C’est une question mais je suis sûr qu’il n’est pas amendable. Il mènera à la destruction qui est incluse dans son programme. »

Source : Entretien Thinkerview du 18 février 2019. François Bégaudeau : Gilets Jaunes, Populisme, Bourgeois ? (circa 29’ et s.)

J’objecte à cela que « le capitalisme » est une notion abstraite, un objet imaginaire, un sac fourre-tout dans lequel on associe nombre d’acteurs et de mécanismes sociaux d’une hétérogénéité telle que toute analyse politique à son propos est inefficace ou contre-productive, comme le sont, sur le terrain moral ou religieux, les analyses qui prétendent combattre le mal, le vaincre ou limiter son action.

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