Les méfaits sexuels du clergé, un vice systémique

Ne nous trompons pas sur l’importance de la crise en cours.
Les faits sont énormes (nature, nombre et durée des méfaits perpétrés par des religieux couverts par la hiérarchie catholique) et ceux qu’on tient aujourd’hui pour établis sont manifestement peu de choses par rapport à ceux qui restent à exhumer.

Voir ci-après...
1. Statement of Catholic Theologians, Educators, Parishioners, and Lay Leaders On Clergy Sexual Abuse in the United States
2. Lettre du Pape François au Peuple de Dieu
3. The Grand Jury Report
4. This Church is a Criminal Enterprise
Les deux premiers textes sont superbes.Ils n'effacent rien des affligeants témoignages qui suivent et qui, en vérité, les ont déclenchés.

Les dégâts, pour les victimes, sont irréparables quelle que soient la reconnaissance et les compensations qu’ils pourraient obtenir.
Quand à l’institution ecclésiale enfin, sa ruine est en vue : désaffection des croyants, chute des vocations, abandons de poste, charge écrasante des réparations.
Pour l’Église elle-même, pourtant, il y a plus grave encore : la mise en cause du principe d’autorité qui la fonde en tant qu’institution. Continuer la lecture de « Les méfaits sexuels du clergé, un vice systémique »

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The Nobel Peace Prize should go to Wikipedia…

either directly, to acknowledge the exceptional contribution of that collective movement,
or indirectly through its founder (Jimmy Wales) or co-founders (Jimmy Wales and Larry Sanger).
No need to say more if you have any idea about what is and should be the Nobel Peace Prize and Wikipedia. Continuer la lecture de « The Nobel Peace Prize should go to Wikipedia… »

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Les USA ont tout ce qu’il faut pour prévaloir mais, relativement, ils pèsent moins

Les dépenses d’armement des USA impressionnent mais, par rapport au reste du monde, elles baissent (80% en 1949, 65% en 1959, 62% en 1969, 38% en 1979, 35% en 1989, 39% en 1999, avec un pic à 44% en 2002-2006, et 36% en 2017) alors que, depuis 30 ans, leur part dans la production (ou la captation) de richesses stationne aux alentours de 25%

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Être un écrivain (Jean Rouaud)

Jean Rouaud a derrière lui un prix Goncourt : Les Champs d’honneur, que j’avais aimé à sa sortie et depuis, toute une œuvre, dont j’ai découvert l’existence en voyant ce nom que je reconnaissais en tête d’un livre intitulé Être un écrivain.
Le « Du même auteur » m’a signalé cinq « livres des morts » dont Les Champs d’honneur, quatre « déposition du roman », quatre « vie poétique » dont le Être un écrivain que je tenais dans les mains, sans parler que quelques « marginalia », de deux « théâtre » et quelques « bandes dessinées / livres pour la jeunesse ».
Grande production donc. J’en avais tout ignoré.

Un écrivain, Jean Rouaud en est un, en même temps que (je peux le dire maintenant) un maître d’écriture. Il nous parle amicalement, avec une modestie célinienne allégée par l’autodérision, il étend ses digressions sur le fil joueur de longues périodes proustiennes qui tiennent en haleine jusqu’à la surprise finale, très préparée. L’effet est garanti.
On se demande au début où il va mais le premier coup de théâtre vaut promesse. Il surgit ici dès la quatrième page. Pour le lecteur, ça suffit. Rouaud est un bateleur. Dès cet instant, on mise sur lui et l’on s’amuse de ses équilibrismes en se demandant comment ce chat va s’y prendre pour retomber à l’endroit. Continuer la lecture de « Être un écrivain (Jean Rouaud) »

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Victor Hugo, discours du 17 juillet 1851 (texte intégral)

Victor Hugo entre dans la postérité par ce discours à l’Assemblée nationale législative le 17 juillet 1851 : avec son “Détruire la misère”, du 9 juillet 1849, c’est l’épithalame des noces du peuple et de la république.
Il comporte, comme il l’avoue lui-même, des “fautes de tribune” mais elles seront bientôt emportées par le coup d’Etat du 2 décembre 1852, l’exil, la parution des Misérables, la guerre de 1870, la chute de l’Empire, l’avènement de la III° République et le retour en France trop tard pour obtenir la présidence à laquelle il avait aspiré pour 1852, mais la gloire tout de même, de poète national, avec son grand train d’obsèques solennelles suivies de l’entrée au Panthéon, dix jours après sa mort. La République encore jeune (c’était en 1885), et fragile encore, se célébrait en celui qui l’avait célébrée à sa dernière occurrence, annoblie de ses mots et longtemps attendue. Continuer la lecture de « Victor Hugo, discours du 17 juillet 1851 (texte intégral) »

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Les Amis de la Paix 6 – Résolutions finales

Les conclusions du Congrès des Amis de la Paix qui se tint en août 1849 à Paris furent honorées dans la presse. Comme ils le souhaitaient, ses représentants furent reçus par le Président de la Deuxième République depuis le 20 décembre 1848 : Charles Louis-Napoléon Bonaparte.
Son mandat était de quatre ans et il n’était pas rééligible. Victor Hugo avait donc soutenu sa candidature à l’élection présidentielle d’autant que Lamartine, l’autre gand poète du moment, était candidat lui aussi.

Hugo comptait, quant à lui, se présenter  à la fin du mandat, en 1852. D’où ses engagements ostensiblement républicains, populaires (on dirait aujourd’hui “populistes”) et pacifistes.
Le Prince-Président fut plus rapide. Continuer la lecture de « Les Amis de la Paix 6 – Résolutions finales »

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Les Amis de la Paix 5 – Le libre-échange

Le Congrès des Amis de la Paix Universelle qui se tint à Paris en 1849 fit naturellement la part belle à l’idée de libre-échange. Ne contribuait-elle pas directement à l’amitié entre les peuples ? surtout quand cela se fait avec l’Angleterre, nation commerçante s’il en est.
Richard Cobden (1804-1865), industriel et homme d’État britannique, en est cette année-là le héraut, avec Fédéric Bastiat (1801-1850) qui passe alors pour l’un de ses émules.
Il est vrai que l’admirable Cobden venait d’obtenir l’abolition des Corn Laws protectionnistes et qu’il oeuvrait au rapprochement avec la France. L’Angleterre était aussi industrieuse que la France agricole. Ces deux nations étaient donc complémentaires, ce qu’on voyait d’autant mieux que, dans les deux pays, la bourgeoisie d’affaires supplantait peu à peu l’aristocratie terrienne.
L’anglophile Louis-Napoléon Bonaparte comprenait cela, d’où la signature en 1860 du traité de commerce franco-britannique de libre-échange sur les matières premières et les principaux produits alimentaires, dont Cobden avait été si longtemps l’artisan.

Ne nous trompons pas cependant sur la principale motivation de “Napoléon le Petit“. Continuer la lecture de « Les Amis de la Paix 5 – Le libre-échange »

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Les Amis de la Paix 4 – L’idéalisme

Tous les participants au Congrès de la paix de 1849 sont des « idéalistes » en ce sens qu’ils choisissent de voir le monde comme il devrait être plutôt que comme il est.

« Ils savent croire », comme les en félicite Athanase Coquerel, « avec suite, avec fermeté, avec persévérance ». Cette vertueuse obstination, pourtant, comporte un risque. En refusant que les échecs nous découragent, il arrive qu’on se refuse au doute parce qu’on le confond avec la tentation du renoncement. On ne peut plus alors s’interroger sur les principes qui nous guident, les réalités sur lesquels on tente d’agir et les systèmes auxquels, volens nolens, on participe. La voie est ainsi grande ouverte à toutes les formes d’illusion, de fondamentalisme et de compromission.

Les Actes du Congrès de 1849 illustrent ces trois tendances. Ne nous en étonnons pas : pour les idéalismes politiques, ce sont des maladies endémiques. Continuer la lecture de « Les Amis de la Paix 4 – L’idéalisme »

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Les Amis de la Paix 3 – Désarmer pour FAIRE la paix

Toutes les questions (et à peu près toutes les solutions) liées au désarmement furent explorées au cours du Congrès international des Amis de la Paix universelle réuni à Paris en 1849. Nous savons leur peu d’effet.

Ce rêve remonte à loin. Citons par exemple canon 39 du Deuxième concile de Latran (1139) : « Nous défendons sous peine d’anathème que cet art meurtrier et haï de Dieu qui est celui des arbalétriers et des archers soit exercé à l’avenir contre des chrétiens et des catholiques ».
Ce qui mettra fin à l’arbalète comme arme de guerre, c’est l’arme à feu !

Autre exemple…
L’interdiction des tournois (canon 14) sous peine de se voir refuser la sépulture chrétienne n’a pas eu plus d’effet. Si la pratique a disparu, c’est trois siècles plus tard en France parce que le roi Henri II de Valois mourut en 1559 des suites de la joute qu’il avait organisée pour célébrer la paix de Cateau-Cambrésis. Il entendait montrer qu’il avait toujours “bon ceur” (à se battre) alors que le traité qu’il venait de signer mettait fin de ses ambitions italiennes. Cette réconciliation entre la France et l’Espagne ne fit évidemment qu’armer le ressort conflictuel qui conduit un siècle et demi après au Grand Dessein” d’Henri IV. Continuer la lecture de « Les Amis de la Paix 3 – Désarmer pour FAIRE la paix »

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Les Amis de la Paix 2 – L’arbitrage international

Au Congrès parisien des Amis de la Paix Universelle, en 1849, on s’est fort convaincu de la nécessité de mettre en place un arbitrage international.

C’est une idée ancienne dont on sait la fragilité, au moins depuis la guerre de Troie.
Tous les chefs de Grèce ayant brigué la main d’Hélène, "la plus belle femme du monde", au lieu  de s’entre-tuer, suivirent l’avis d’Ulysse. Devant Tyndare, le père de la promise, ils prêtèrent serment d'agir en alliés de celui qui l’aurait finalement pour épouse. Ce fut Ménélas, roi de Sparte, rude guerrier s’il en est : Homère l’appelle « l’aimé d’Arès » (ἀρηίφιλος Μενέλαος / arêíphilos Menélaos) et aussi « l’irréprochable » (Μενέλαος ἀμύμων / Menélaos amúmôn). Bref, Ménélas, homme de devoir, distrayait peu sa femme.
Une absence aidant, Pâris y vit une occasion. Il enleva l'épouse et une part des trésors, il s’ensuivra cette belle opération de justice internationale que l’Iliade nous conte. Ce fut un beau succès : Ménélas rentrera dans ses droits. Troie détruite et pillée, Pâris blessé puis décédé, Hélène récupérée, ce dur soldat finira sa vie chez lui, entre sa femme et ses trésors.

Méfions-nous donc des arbitrages et des traités de paix : celui d’Ulysse (« le serment de Tyndare ») a engendré la guerre de Troie.

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