Le Capitalisme ou des oligarchies ?

François Bégaudeau parle clair. Agrégé de lettres qui a été prof et qui est aujourd’hui écrivain multicartes, il se situe dans « la gauche radicale », à la croisée de l’anarchisme et du marxisme.

Sa définition de la gauche a retenu mon attention.
« Être de gauche, c’est… penser que le capitalisme est fondamentalement destructeur et qu’il n’est pas amendable. Si vous considérez que le capitalisme est amendable, reformez le parti socialiste et puis amendez-le, puis perdez et ridiculisez les classes populaires une nouvelle fois. Non, le capitalisme n’est pas amendable. Est-ce que pour autant il est révolutionnable, est-ce qu’il est dépassable ? C’est une question mais je suis sûr qu’il n’est pas amendable. Il mènera à la destruction qui est incluse dans son programme. »

Source : Entretien Thinkerview du 18 février 2019. François Bégaudeau : Gilets Jaunes, Populisme, Bourgeois ? (circa 29’ et s.)

J’objecte à cela que « le capitalisme » est une notion abstraite, un objet imaginaire, un sac fourre-tout dans lequel on associe nombre d’acteurs et de mécanismes sociaux d’une hétérogénéité telle que toute analyse politique à son propos est inefficace ou contre-productive, comme le sont, sur le terrain moral ou religieux, les analyses qui prétendent combattre le mal, le vaincre ou limiter son action.

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Propositions pour un nouveau paradigme

Lorsque, en septembre 2001, le World Trade Center s’est effondré, j’étais depuis six mois retiré de la vie des affaires et désireux de me consacrer à « l’écriture », dans deux domaines : la philosophie politique et le roman.
Depuis, j’ai produit des milliers de pages, plus soucieux de contenus que de publications…
Politiquement, il m’a longtemps semblé que quelque chose pouvait m’échapper qui serait susceptible de changer les proportions de ce que j’avais conçu. J’ai donc avidement suivi l’actualité à la recherche de processus que j’aurais négligés mal compris.Cette incertitude et des contraintes d’ordre personnel m’ont fait différer le « bouclage » du roman, une vaste saga historique dont la trame définitive est structurée par le travail philosophique.
C’est parce que celui-ci était stabilisé que, début 2018, à la faveur d’une amicale invitation, je me suis associé au mouvement convivialiste.

Dix ans plus tôt, à la faveur d’un échange sur les conséquences (intellectuelles) à tirer de l’écroulement des tours du World Trade Center, j’écrivais :

« La question est de savoir s’il y a lieu ou pas de changer de paradigme et comment.
Quand cela se fait, c’est toujours pour des raisons idéologico-politiques ET sur des faits dont on ne peut rendre compte dans le paradigme précédent.
L’écroulement des tours et immeubles 1, 2 et 7 du World Trade Center est un groupe de faits de cet ordre.
Reste à élaborer ce nouveau paradigme.
Il peut être suggéré « artistiquement » et développé intellectuellement, mais ne peut se constituer que par un processus collectif. »

Il me semble – du moins, je l’espère – être parvenu au début de ce processus collectif. Continuer la lecture de « Propositions pour un nouveau paradigme »

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50 ans après Mai 68, Badiou fait le bilan

Mai 68 fait image en France, donc jalon. Pour les enfants du “baby boom“, ce fut, en politique, la fête initiatique.
Je suis l’un d’eux : avant, j’étais seul ; après, je fus dans le monde avec, souvent, des envies de retrait.
Le cinquantenaire de ce Mai a maintenant passé, comme les cinquante ans de contemporanéité qu’il signe avec ceux que le moment lançait, eux aussi, dans l’arène ou la marge.
Le philosophe Alain Badiou fut l’un d’eux, qu’on côtoya sans le vouloir, impérieuse occasion de questions à travailler, Continuer la lecture de « 50 ans après Mai 68, Badiou fait le bilan »

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